Depuis des années, Bruxelles réclame la libéralisation des pharmacies et de la vente de médicaments. 200 d'entre eux devraient ainsi être vendus en libre service à partir du mois de mai. La profession s'organise pour limiter la casse.
Suppression du monopole de la vente des médicaments sans ordonnance, ouverture du capital des officines à des non-pharmaciens, remise en cause de la limitation du nombre d'installations selon la population... En recommandant de déréglementer la pharmacie, à l'instar des taxis, la commission Attali a suscité une levée de boucliers des 23 000 officines françaises.
5 000 pharmacies amenées à disparaître?
Depuis, Nicolas Sarkozy a certes volé à leur secours, refusant de mettre fin à leur monopole et insistant sur la mission de service public de la profession. Mais la partie est loin d'être gagnée. La perspective de voir un jour, comme en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis, des chaînes de pharmacies détenues par des hypermarchés ou des investisseurs affole la profession. Ce scénario paraît d'autant plus crédible que la Commission européenne, en mars 2007, a déjà mis en demeure le gouvernement français de libéraliser ce marché.
Pour le moment, la France reste en sursis. Bruxelles a déjà poursuivi d'autres pays comme l'Allemagne et l'Italie devant la Cour de justice des Communautés européennes. Sa décision est très attendue. "Si la France devait un jour accepter une libéralisation, il faudrait absolument que celle-ci soit contrôlée pour assurer la sécurité des patients et ne pas retrouver, comme dans certains pays, des médicaments contrefaits", s'inquiète Françoise Grossetête, députée européenne (centre droit).
Certes, le consommateur y gagnerait en pouvoir d'achat. Les Leclerc, Auchan ou Parashop et leurs chaînes de parapharmacies sont fin prêts. "Chacun de nos espaces santé beauté est tenu par un diplômé en pharmacie", souligne Vincent Wanert, acheteur chez Auchan et lui-même pharmacien.







